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Comment inciter les lecteurs à tagguer les livres ?
par M.Huet-E.LeGoux, le 10 Décembre 2008 à 17:19La question que nous nous posons aujourd’hui est la suivante : comment motiver les lecteurs pour qu’ils tagguent les livres sur les catalogues des bibliothèques ?
En effet, si Librarything et Babelio connaissent un succès croissant, il n’en demeure pas moins que les internautes les utilisent pour leur usage personnel et pour classer leur propre bibliothèque. La question du degré d’implication des usagers dans l’attribution de tags aux collections d’une bibliothèque se pose donc.
Qu’est ce qui peux, en effet, motiver un lecteur à tagguer un livre de bibliothèque ?
Nous n’entendons pas apporter de réponses mais nous considérons qu’on ne peux envisager les potentialités du Web 2.0 pour les bibliothèques sans soulever cette question. Le risque pour une bibliothèque proposant à ses utilisateurs de tagguer des ouvrages est que ces derniers le fassent de manière ponctuelle et donc en quantité insuffisante. La circulation des flux en bibliothèque est importante et tend même à s’intensifier.
Dès lors comment s’assurer que chaque nouvel ouvrage pourra être tagguer ? Ne risque t’on pas de renforcer la visibilité de certains ouvrages déjà populaires auprès du public et ainsi d’accentuer l’invisibilité de certains autres ?
Une des solutions est de permettre aux bibliothèques de travailler en réseau, une bibliothèque pouvant ainsi bénéficier sur son catalogue des tags des lecteurs d’une autre bibliothèque. Cela montre que les nouvelles techniques ne sont pas toujours aisées à mettre en pratique en bibliothèque et que leur apport s’accompagne toujours de nouvelles questions auxquelles il n’est souvent pas évident de répondre.
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Tagguer les documents sur Europeana
par M.Huet-E.LeGoux, le 10 Décembre 2008 à 16:43Pour information, il semble que les usagers de la nouvelle bibliothèque numérique Europeana vont pouvoir y tagguer les documents (voir à ce sujet l’article de Jill Cousins, « Europeana. Une vision devenue réalité » publié dans la revue Culture & recherche n° 118-119 disponible en ligne à l’adresse suivante : http://www.culture.gouv.fr/culture/editions/documents/cr118-119_p8.pdf )
L’étude, lors de la réouverture du portail de cette bibliothèque, de cette possibilité offerte aux lecteurs sera sûrement très instructive pour comprendre le phénomène des tags.
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Les catalogues 2.0 de bibliothèques
par M.Huet-E.LeGoux, le 26 Novembre 2008 à 21:45Bien qu'encore novice en la matière, le monde des bibliothèques prend peu à peu conscience de l'importance de s'adapter aux avancées technologiques que représente le web 2.0, et d'exploiter les nombreuses possibilités que ces avancées offrent pour leurs missions. La voie s'est ouverte au Québec, ainsi qu'aux Etats-Unis, mais certaines bibliothèques françaises leur emboîtent le pas aujourd'hui. C'est par exemple le cas des médiathèques de Bourg-la-Reine, Mante-la-Jolie ou Evian dont les catalogues permettent aux usagers d'agir sur leur contenu, comme vous pouvez le voir dans l'article (du 26 novembre) qui les concerne dans notre laboratoire.
Les bibliothèques ont en effet tout intérêt à suivre l'exemple de leurs homologues américains et canadiens puisqu'un catalogue 2.0 apporte beaucoup à la fois aux bibliothèques et aux usagers.
Ainsi, les bibliothèques bénéficient d'une aide objective et non professionnelle quant à l'indexation et l'évaluation de leurs documents, de sorte à ce que les ouvrages soient également trouvables grâce aux mots employés par tout à chacun, et pas seulement grâce à un vocabulaire de professionnels parfois mal-connu du grand public. Autre avantage, qui peut d'ailleurs porter à discussion, les usagers travaillent "gratuitement" et ne représentent donc qu'un atout pour les bibliothèques qui, de plus, ne prennent aucun risque puisqu'elles ont un droit de regard et de modification en cas de désaccord ou d'abus. Outre cela, certains domaines mal maitrisés par les indexeurs de la bibliothèque peuvent en revanche être parfaitement gérés par des usagers qui apportent donc, du fait de leurs propres connaissances, une précieuse contribution. Enfin, le travail des bibliothécaire est ainsi mieux connu du public et un échange peut s'instaurer entre les deux parties et rendre la médiation inhérente au travail de bibliothécaire plus efficace.
Les usagers quant à eux retirent également quelque chose de cette pratique exercée bénévolement. Non seulement, ils appartiennent à une communauté de lecteurs, mais ils peuvent ainsi contribuer à son fonctionnement, tout en partageant leurs connaissances et tout en ayant l'impression de se rendre utile. La possibilité d'agir sur le catalogue de leur médiathèque, et ce avec liberté (plus ou moins grande selon les endroits), créé un sentiment d'émancipation, et leur donne l'impression d'avoir la confiance des professionnels pour effectuer cette tache. Ils acquièrent en plus de cela une nouvelle expérience de la recherche et une redécouverte des documents présents.
Les systèmes d'évaluation de cette pratique sont encore peu développés mais on peut déjà noter des motivations, usages et finalités multiples. Cela rend le taggage attractif pour des usagers très différents et promet donc un bel avenir à ce nouveau phénomène.
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Quand les bibliothèques s'ouvrent aux taggueurs ...
par M.Huet-E.LeGoux, le 18 Novembre 2008 à 22:23
Même si cela tend à se développer, notamment grâce à la constitution de blogs où ils peuvent laisser des commentaires, les usagers des bibliothèques peuvent rarement intervenir sur les interfaces proposées par ces dernières (catalogue, site Web …).
Les bibliothèques commencent tout juste à prendre en compte les potentialités que leur offre le Web 2. 0. et rares sont celles qui proposent par exemple, aujourd’hui, à leurs utilisateurs de tagguer les documents. Pourtant, même si les folkosonomies présentent des défauts certains (usage non homogène du pluriel, utilisation d’abréviations, ambiguïté des termes, redondances …), il semble que les bibliothèques aient tout intérêt à ne pas occulter ce type de pratiques et à réfléchir à la manière de se les approprier.
On peut légitimement penser que, si les bibliothèques donnaient la possibilité à leurs usagers de rattacher les termes qui leur semblent appropriés à des documents, l’accès à ces derniers serait favorisé. Pour un professionnel de l’information, la difficulté dans l’attribution de mots-clefs à propos d’un document réside pour beaucoup dans le fait de trouver le terme le plus approprié qui assurera une visibilité au document au sein du catalogue. L’apport du savoir des usagers ne doit pas pour cela être négligé lorsqu’il peut faciliter cet accès. De plus, les folksonomies offrent l’avantage de s’adapter plus rapidement qu’un vocabulaire académique aux évolutions linguistiques. Les tags d’usagers n’entreraient ainsi pas en contradiction avec l’indexation professionnelle mais permettraient au contraire d’enrichir cette dernière et d’en corriger les éventuelles lacunes.
Outre cela, on peut y voir un moyen pour les utilisateurs de s’approprier le catalogue et d’aller contre son aspect parfois trop technique. Les bibliothèques s’adressent avant tout à des publics et il est essentiel de les associer dès que possible à la vie de ces établissements (tant que cela n’entravent bien sûr pas leur fonctionnement). Le tag est un vecteur de communication entre le bibliothécaire et l’usager qui se trouve alors dans une position nouvelle.
Par ailleurs, les bibliothèques se veulent aujourd’hui plus que jamais créatrice de lien social et ne peuvent par conséquent fermer les yeux sur l’existence d’un Web social. En s’appropriant le système des folkosonomies, les bibliothèques s’ouvriraient au « potentiel social » que ces dernières incarnent, selon les termes de Tim Spalding, créateur du site LibraryThing.
Certaines bibliothèques, notamment aux Etats-Unis (par exemple la Danbury Public Library), ont déjà fait le choix de proposer un tel service à leurs lecteurs notamment par le biais de LibraryThing.
Nous avons conscience que cela ne se fait pas sans poser de problèmes mais nous considérons qu’il y a un risque pour les bibliothèques à fermer les yeux sur des pratiques actuelles qui tendent, de plus, à se développer. Pour éviter les dérives que supposent la participation des usagers et pour limiter le risque de bruit dans l’accès aux documents, il semble essentiel que les bibliothèques « encadrent » l’élaboration des tags ou du moins guident les usagers. Reste à trouver un juste milieu pour éviter que la liberté de ces derniers dans le choix des termes soit entravée …
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